Le système de santé togolais traverse une période de fortes turbulences. Si le nombre de docteurs augmente légèrement, la réalité sur le terrain reste alarmante. Entre le manque d'effectifs et une mauvaise répartition géographique, se faire soigner devient un véritable défi pour de nombreux citoyens, surtout en dehors de la capitale.
Un manque de médecins et des chiffres alarmants
Selon les dernières données de l’Ordre national des médecins publiées le 8 avril 2026, le pays compte 940 médecins inscrits. Bien que ce chiffre soit en hausse par rapport aux années précédentes, il reste très loin des recommandations internationales. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise normalement un médecin pour 1 000 habitants. Au Togo, nous sommes à peine à 0,13 médecin pour 1 000 habitants.
Pour atteindre les standards mondiaux, il faudrait environ 8 500 praticiens. Aujourd'hui, nous n'en avons même pas un dixième. De plus, une grande partie du personnel actuel approche de l'âge de la retraite, ce qui pose la question du renouvellement des générations dans nos hôpitaux.
Le grand fossé entre Lomé et les régions
Le problème le plus grave concerne la répartition des soignants. Sur les 940 médecins recensés, 865 travaillent dans le Grand Lomé et la région Maritime. Cela représente 92 % du total ! Pendant ce temps, les régions comme la Kara ou les Savanes manquent cruellement de spécialistes.
Concrètement, une femme enceinte ou un enfant malade vivant à Dapaong ou Mango doit souvent parcourir des dizaines de kilomètres pour trouver un docteur. Pour résoudre cette crise, certains proposent d'obliger les jeunes médecins formés par l'État à servir quelques années en province. Pour l'instant, les primes et les logements de fonction ne suffisent pas à les attirer loin du confort de la capitale.

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