L'Afrique du Sud traverse une période de fortes tensions. Depuis quelque temps, les violences envers les immigrés se multiplient dans plusieurs régions du pays. Face à la colère de ses voisins africains, le gouvernement de Pretoria tente de s'expliquer, mais la situation reste très préoccupante pour des milliers de familles.
Un sentiment anti-immigré qui bat des records
Le rejet des étrangers n'a jamais été aussi fort. En 2025, les chiffres montrent que 42 % des Sud-Africains ne souhaitent plus accueillir d'immigrants, contre 30 % il y a quatre ans. Cette hostilité est particulièrement visible dans les régions comme le KwaZulu-Natal ou le Gauteng.
Les violences ne touchent plus seulement les commerces, mais s'invitent désormais dans les écoles. Des enfants sont parfois contraints de quitter leurs classes sous la pression de manifestants. Les ressortissants du Nigeria, du Ghana ou du Pakistan sont les premiers visés par ces mouvements de colère, souvent organisés par des groupes comme « Operation Dudula ».
Le chômage et la pauvreté comme moteurs de la haine
Pourquoi une telle agressivité ? La réponse se trouve principalement dans l'économie. Avec un taux de chômage global de 33 % et près de 45 % chez les jeunes, la compétition pour trouver un travail est féroce. Pour beaucoup de Sud-Africains pauvres, les immigrés deviennent des boucs émissaires faciles pour expliquer leurs difficultés quotidiennes.
Pourtant, les experts soulignent que le problème vient aussi d'une crise de gouvernance interne. La corruption, les coupures d'électricité à répétition et le manque de services publics alimentent la frustration. Au lieu de s'en prendre aux responsables politiques, une partie de la population se tourne vers la violence xénophobe. De son côté, Pretoria tente de rejeter la faute sur les pays voisins, en expliquant que c'est leur mauvaise gestion qui force les gens à s'exiler vers l'Afrique du Sud.

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