Le président du Salvador, Nayib Bukele, vient de franchir une nouvelle étape dans sa lutte contre la criminalité. Une réforme constitutionnelle historique permet désormais de condamner à la prison à perpétuité les mineurs de 12 ans et plus. Cette décision, qui vise à éradiquer l'influence des gangs, marque un tournant radical pour la justice des mineurs dans le pays.
Une réforme stricte pour lutter contre les gangs
À partir du 26 avril 2026, les jeunes Salvadoriens impliqués dans des crimes graves ne bénéficieront plus de la clémence liée à leur âge. La nouvelle loi cible des délits majeurs comme l'homicide, le féminicide, le viol ou encore le terrorisme.
Auparavant, la peine maximale pour un mineur était bien inférieure à celle d'un adulte. Désormais, des tribunaux spécialisés pourront prononcer des peines de prison à vie. Le gouvernement justifie cette sévérité par la nécessité de stopper le recrutement des adolescents par les bandes armées. Selon le président Bukele, l'ancien système offrait une forme d'impunité qui encourageait la violence chez les plus jeunes.
Une décision qui inquiète la communauté internationale
Si cette mesure est populaire auprès d'une partie de la population locale fatiguée par l'insécurité, elle déclenche une vague de critiques à l'étranger. L'ONU et l'UNICEF ont rapidement exprimé leur désaccord. Ces organisations rappellent que la Convention relative aux droits de l'enfant privilégie normalement la réhabilitation et la réinsertion sociale plutôt que l'enfermement définitif.
Cette réforme s'inscrit dans le cadre de l'état d'urgence instauré en 2022. Depuis cette date, plus de 90 000 personnes ont été arrêtées au Salvador. Pour les défenseurs des droits de l'homme, condamner des enfants à perpétuité est une mesure extrême qui ignore les causes sociales de la délinquance. Le Salvador devient ainsi l'un des pays les plus répressifs au monde en matière de justice pour mineurs.

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