Le dimanche 10 mai 2026, le paisible village d'Elokaté, près de Bingerville, a été le théâtre d'un événement tragique. Mobio Delvis, un jeune homme d'une vingtaine d'années, a perdu la vie après avoir été violemment agressé par un groupe d'auto-surveillance local. Ce drame, né d'une simple accusation de vol, soulève aujourd'hui une vague d'indignation dans tout le District autonome d'Abidjan.
Un déchaînement de violence injustifié
Tout commence dans un maquis où une serveuse accuse Delvis d'avoir volé son téléphone portable. Malgré ses dénégations, le "chef de sécurité" du village est alerté. Ce qui devait être une simple vérification se transforme en une scène de barbarie.
Le jeune homme est conduit de force dans un champ d'hévéas. Là-bas, il est déshabillé, ligoté et sauvagement battu par plusieurs individus. Ses agresseurs le ramènent ensuite au centre du village pour l'exposer, attaché à un poteau sous un soleil brûlant. Sa mère, arrivée sur les lieux, découvre avec horreur l'état de son fils. Malheureusement, Delvis succombe à ses blessures avant d'atteindre l'hôpital. Le plus tragique ? Le téléphone a été retrouvé peu après dans l'établissement, prouvant l'innocence de la victime.
Le village d'Elokaté réclame justice contre l'impunité
Depuis ce décès brutal, la colère gronde. Les habitants dénoncent les méthodes brutales de cette "sécurité villageoise" qui agit trop souvent en toute impunité. Ce n'est pas la première fois que des actes de violence sont signalés dans la zone, mais beaucoup d'affaires se règlent habituellement à l'amiable entre familles.
Cette fois, la famille de la victime refuse tout arrangement financier de la part de la chefferie et exige que la loi soit appliquée. Le préfet s'est rendu sur place pour calmer les tensions, et une enquête a été officiellement ouverte par la gendarmerie de Bingerville. Ce drame relance le débat crucial sur le contrôle des groupes d'auto-défense dans les villages ébrié.

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